« J’écris contre la mort », lit-on chez Spinoza. Jeannine Worms, qui fut l’élève de Roger Callois avec qui elle étudia la philosophie, a fait sienne cette déclaration de guerre. Saluée par Cocteau pour la rigueur de son travail spirituel qui l’a préservée des gloires éphémères, traduite, étudiée et jouée dans le monde entier, elle poursuit un combat dont le temps, peu à peu nous révèle l’ampleur.
Par l’exploration du mensonge qu’est notre vie - mais un mensonge qui se sait mensonge, détestant l’erreur et renonçant à d’illusoires vérités-, par l’explortion de la malédiction qu’est l’amour - mais malheur à ceux qui y renoncent -, par celle du recommencement implacable, et de la dévoration généralisée qu’est le monde, l’oeuvre de Jeannine Worms dit, dans une langue d’une santé éclatante, le refus animal de « crever ». D’un essai à l’autre, le ton se hausse, la violence monte, mais elle est toujours, finalement, surmontée. Certes la « camarde » nous emportera, mais plus riches et plus conscients. Au démon, l’homme répond par la perfection de ses oeuvres.
Vies de la mort rassemble tous les essais de Jeannine Worms : Apologie du mensonge, D’une malédiction, L’Impardonnable, Petit traité de la dilation du moi et Les Pardonnés.
