Journal inventé, correspondance imaginaire - Vie et mort présumée de Mazurka P. - raconte la vie
brève et fulgurante d’une jeune fille née en 1942,
échappée par miracle à la rafle du Vel d’Hiv,
recueillie par un couple d’ouvriers sympathisants de l’extrême
gauche. Son journal débute en 1955 – elle a treize ans – et s’achève neuf ans plus tard, bien malgré elle,
en 1964.
À travers les notations du journal, l’on suit dans le Paris de
l’après-guerre, déchiré par la guerre d’Algérie,
le trajet d’une adolescente brillante qui s’intéresse
à la peinture, au théâtre et très
précocement à l’amour. Figure féminine de
Don Juan, elle multiplie les conquêtes. A vingt et un ans,
la mort de son père adoptif la plonge dans un désarroi
effrayant. Elle s’enfonce alors dans les excès libertins
et le mépris des hommes, avec, pour Sganarelle, Irène,
l’amie des derniers jours. Dans les désordres, commence
le lent cheminement vers la fin tragique. La statue du Commandeur
prendra pour Mazurka une forme inattendue et lui offrira une
sortie qui rappellera par l’horreur et l’absence de traces, celle
de ses géniteurs.
Très beau roman – le premier de Jacques Vulfranc – qui
nous restitue une vie dans son intensité de flamme au
milieu d’un Paris omniprésent qui surgit vif et précis
à travers l’actualité de l’époque : la répression
après la manifestation des Algériens le 17 octobre
1961, l’enterrement des morts du métro Charonne...







































