« Au cours d’une semaine torride, c’est la mutation aveugle d’une société en proie au doute, disloquée par le divorce des mœurs et de générations que le romancier dénude. Dans Lisbonne accablée par des pointes de chaleur de 50° à l’ombre, cernée par l’incendie des forêts comme les villes maudites de la Bible par le feu du ciel, le règne de l’épouvante commence.
Simplement. Par petites touches. L’excès démasque, comme la fatigue, la haine ou l’alcool. Les sept jours de la crémation mettent à vif le petit enfer que chacun couvre de cendres au fond de soi. Rien de plus, somme toute, que l’obligation, ou la nécessité, d’aller soudain au bout de ses forces ou, plus cruellement encore, jusqu’à la limite précise où le désir, les apparences, la “certitude” acquièrent une réalité. Rien de plus que de devoir faire face au bonheur, au courage, à la fatalité. La consumation des faux-fuyants nous laisse seul avec nous-même. Pas drôle. Pas confortable. Nous ne sommes pas des phénix, et il renaît peu de chose des cendres. Les bagnoles se couvrent de cloques de peinture et les cardiaques tombent de chaleur, tandis que les grévistes ou les pillards se font matraquer. L’Apocalypse, en société, fait feu de tout bois ; (...)
À 110° Farenheit, les idées et les sentiments sont mis à l’épreuve des réactions en chaîne. La conscience, comme les choses, les éléments, et l’homme, affolé comme un fauve ou résigné, pénètrent dans une réalité seconde, où la rose même “est mensonge de rose”. »
Claude Michel Cluny







































