Charles-Victor de Bonstetten (1745-1832) naquit dans l’une des cinq familles qui possédaient Berne, et la gouvernaient d’ailleurs comme une affaire de famille. L’éducation des jeunes patriciens était fort nonchalante. Très vite, Bonstetten détesta sa situation, et chercha, partout où elle pouvait être, la culture, c’est-à-dire la France. Mais il lui fallut attendre l’invasion de la Suisse pour être délivré du fardeau de la naissance et du pouvoir, et devint enfin ce qu’il avait toujours voulu être : un écrivain et un voyageur. S’il juge ce qu’il a fait de plus utile dans toute sa carrière politique est un discours sur les vertus de la pomme de terre, ses Souvenirs écrits en 1831 révèlent pourtant une réflexion extrêmement moderne et pleine d’ironie sur les mœurs, les gouvernements et la vie publique. Issu de Montesquieu, traversant Lumières et Révolution, Bonstetten inaugure la pensée cosmopolite du XIXe siècle.
