Les sept nouvelles qui composent Sortilèges et maléfices constituent l’œuvre intégrale en prose de Georges Vizyinos. Parmi elles, seule celle intitulée « Le Péché de ma mère » fut traduite en français, en 1883, dans La Nouvelle Revue de Paris. Comme leur auteur, elles sont hantées par la folie. La nouvelle « Moscov-Selim » est significative du mélange d’humour et de désespoir qui baigne tout le recueil : le héros en est un Turc si maltraité par son propre peuple qu’il en vient à vouer, pendant sa détention comme prisonnier de guerre en Russie, une admiration inconditionnelle à tout ce qui est russe. Entre le vécu des personnages, dont l’histoire est contée, et la réalité sociale dans laquelle ils se meuvent, aucun lien n’est possible : la démence est alors la seule issue.
