La nostalgie qui affleure des contrastes créés, dans ces poèmes, entre les tableaux de la Perse ancienne et de l’Iran d’aujourd’hui, tend à faire remonter à la mémoire les siècles durant lesquels les peuples de l’Iran, de l’Asie Centrale et du Caucase partagèrent l’épanouissement de la civilisation persane. Préservant les couleurs de son pays natal, l’auteur raconte la déception des Iraniens, privés d’autonomie et de liberté dans une contrée aux charmes légendaires, et son combat pour sauver des décombres une culture millénaire.
Cette terre décomposée, bien qu’aujourd’hui méconnaissable et dépourvue
de nom, dans les écrits, jadis, on la nommait Iran.
Dans les chroniques anciennes, dans les mythes antiques, elle était la tranchée
des êtres libres et le repaire des lions.
Ici se sont endormies les gracieuses Kharaman et les sveltes Golandam de
Chine. De tous côtés grandissaient cent beautés gracieuses à la taille de cyprès.
C’est sur les rives du Murghab, non loin de Badakhchan, que se rencontraient
les femmes au visage de lune, venues des plaines de Qiptchaq et de
Hérat.
Des outres émanait un musc tamisé, et dans les encensoirs, l’aloès brûlait...
précieux parfums répandus sur le chemin des gazelles musquées.
