Quand l’obéissance est devenue impossible raconte une traversée, propose un regard, décrit les émotions d’un être qui n’a jamais renoncé à l’utopie.
Une parole très actuelle, très attendue, qui dessine un espace critique vivant, enfin respirable, vaste, sans faux semblants. Simple et vrai. Une liberté.
Quatre recueils pour une résistance, tous les éclats d’une expérience vitale, portés par la voix d’un poète :
1 – VERTIGE DE L’ÉCART « Et toi, oubliée, tes souvenirs ravagés par toutes les consternations de la mappemonde, échouée aux caves rouges de Pali Kao, sans musique et sans géographie, ne partant plus pour l’hacienda où les racines pensent à l’enfant et où le vin s’achève en fables de calendrier. Maintenant c’est joué. L’hacienda, tu ne la verras pas. Elle n’existe pas. Il faut construire l’hacienda. »
Yvan Chtcheglov dit Gilles Yvain, Formulaire pour un urbanisme nouveau.
2 – LES BRUTES « Si vous oubliez ce que vous êtes et dans quelle vie vous voulez être, n’espérez d’autre sort que celui d’une marchandise bonne à être jetée une fois franchi le poste de péage. »
Raoul Vaneigem, Avertissement aux écoliers et lycéens.
3 – L’INDÉPENDANCE DU SOURIRE « Elle est devenue ingouvernable cette terre gâtée où les nouvelles souffrances se déguisent sous le nom des anciens plaisirs et où les gens ont si peur. Ils tournent en rond dans la nuit et ils sont consumés par le feu. Ils se réveillent effarés et ils cherchent en tâtonnant la vie. Le bruit court que ceux qui l’expropriaient l’ont, pour comble, égarée. »
Guy Debord, In girum imus nocte et consumimur igni.
4 – LES CHEMINS DU DÉSIR. « J’ai l’égoïsme naturel des fleurs et des rivières qui suivent leur cours préoccupés sans le savoir de leur seule floraison et de leur seul courant. Telle est la seule et unique mission au monde
- exister clairement - et savoir le faire sans y penser. »
Alberto Caeiro, Œuvres Complètes de Fernando Pessoa.
« Aujourd’hui je suis vaincu comme si je savais la vérité. »
Fernando Pessoa, Bureau de tabac.
« Je pense que la voix des poètes est trop peu entendue. Si Hölderlin se trouvait déjà autorisé à railler “mais en ces temps à quoi bon des poètes !”, il me semble qu’il aurait été aujourd’hui condamné plus prématurément encore au silence et à la folie. Il y a dans l’œuvre d’Emmanuelle K. cette authenticité qui tend désormais à disparaître. Nous sommes ici à contre-courant de la quête ordinaire d’une notoriété vide. »
Raoul Vaneigem, juin 2007
