Précis de dynamitage, anthologie électrique 1966-2001

Auteur : Hees, Lucas

collection :

date de parution : 22 avril 2005

Poésie.

13 x 23 cm. 420 p. 30 €.

Hors collection.

ISBN : 2-7291-1553-6

Des « premiers livres » au plus récent « précipité de poésie » écrit à deux mains, en passant par le Manifeste électrique aux paupières de jupes de 1971 dont les leitmotive, les sautes élevèrent et réglèrent la matière de la sensibilité poétique de façon saillante, dans l’espoir d’une nouvelle donne, les poètes électriques ne cessent de transgresser l’esprit du temps, coïncidant avec l’espace réel. Celui où la poésie, avant de s’écrire, est un défi du corps à toutes les formes de manipulation de la pensée. Créateurs d’abord ! – ce qui veut dire : fermeté, force, mesure – ils étaient condamnés, dès le départ, à la seule réussite valable : celle d’être constamment à la hauteur de leur désir de liberté. Nées de l’enfance et de l’enthousiasme ancien, leurs œuvres se présentent comme une suite discontinue, tout en spirale, que nul principe ne gouverne à l’avance sauf peut-être : « Ne te perds pas toi-même. » Ils l’accomplissent au jour le jour comme on dompte un tigre. Ainsi transportent-ils très loin d’eux l’éveil, qui leur est d’autant plus naturel qu’ils savent garder leurs forces en réserve. Sans cette politique, ils n’auraient pu accomplir ce que l’on va lire. Leur persévérance invisible leur a toujours été favorable. Ils n’ont pas de suiveurs, ni de disciples. En enterrant l’idée du moi-roi, et du même coup, en réinventant le mouvement, la passion sublime de l’existence, ils sont parvenus à dominer la conscience de leur propre relativité, parce qu’ils sont entièrement présents à chaque instant, donc savants en transformation. Tout leur art a consisté à savoir, après la colère et le tonnerre, dormir tranquille dans l’Oubli à l’image d’une foudre au fond d’un lac. C’est ainsi, en tout cas, qu’ils sont entrés d’abord dans la folie, puis en sont sortis à petits pas pressés jusqu’à, parfois, se retirer du monde, quitte à y revenir, mais de nouveau changés. Ils ont ainsi métamorphosé beaucoup de murs en portes, qu’ils ouvrent l’une après l’autre, pour aller toujours de l’avant, comme si quelque chose d’inconnu d’eux-mêmes leur prêtait main-forte. Leur commune mesure est celle d’une répétition incessante, dans le même courant : cachés, sans agir, ils agissent toujours, par en bas, dans un très grand rayon. Ce qui n’exclut pas les soucis du soir, par conscience des dangers qu’ils courent et font courir. Leurs vies, en ce sens, n’est qu’un perpétuel va-et-vient, où le vol tourbillonnant leur permet de dominer des abîmes, jusqu’à atteindre la solitude, où chacun d’entre eux manifeste sa plus grande liberté. C’est l’épopée, le roman, de cette manifestation, que la présente anthologie restitue, en ces temps où l’individualité foncière du poète prône l’effacement et l’indistinction.


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