Les gares me fascinent.
À l’escalade des voies ferrées qui ne mènent nulle
part ou trop loin. Ces soirées où je restais seul en
bout de quai, à l’hypnotique du froid, guettant dans
les ciels d’hiver décharnés que transperçait le
fracas des trains, l’étoile-rail qui déchirerait le
masque diaphane de mon immobilité.
Je détruisais les mythes du voyage : nouveaux
horizons, rencontres, ivresses, aventures. Rimbaud
m’emmerdait avec ses servantes aux seins
plantureux et gorgées d’hospitalité. J’instaurais
dans mes voyages des rites de chaque instant.
