Poèmes en apnée regroupe des textes de plusieurs périodes : ceux de ses débuts littéraires, ceux plus “offensifs” de État de siège, et, enfin, les poèmes de l’exil, souvent amers, qui sont restés longtemps inédits.
Tu peux entrer sans crainte dans la forêt, souviens-toi
qu’en hiver ils hibernent ;
les monstres, dans le sommeil utérin de l’oubli...
Vois, des nuages de neige lancent leurs semences sur le ciel
en plein dans le soleil. Les paupières sentent qu’elle va tomber...
Je te ferai épouser cette pensée tirée de la citerne
du temps, dans laquelle je me suis enfermé moi-même à clef
pour ne plus entendre les idéologies jaillies des poubelles ;
courbé sur la coque du vide
rêvant au ruisseau caché sous la glace, qui change d’un coup soudain
les mots
et les imprime sur le muscle des pierres...
