« Le sous-titre du livre : “Essai sur la mélancolie
et l’angoisse dans les œuvres de Mario Sironi et de
Paul Klee entre 1933 et 1940” dit à la fois l’ambition
des recherches et la précision du cadre historique dans
lequel elles s’inscrivent. Sironi et Klee, deux peintres
bien différents, voire aux extrêmes de l’expérience
artistique de notre modernité. Aux extrêmes aussi
de l’expérience historique : Klee victime des nazis
et devant trouver refuge en Suisse, Sironi abandonnant la peinture
de chevalet pour, dix ans durant, épouser les thèses
fascistes d’un art populaire et monumental. À l’urgence
(les événements, la maladie, l’angoisse) à
laquelle Klee se voit contraint de répondre par une création
incessante est opposée la mélancolie de Sironi
qui sombre de plus en plus dans un ennui pétrifiant. Il
ne s’agit pas pour l’auteur de retrouver par-delà
ce qui diffère radicalement (temporalités, modalités,
intensités, climats...) quelque supposé point commun.
Mais de questionner le mode d’apparition, à partir
d’expériences divergentes, d’œuvres qui,
par leur présence même, interrogent le visible,
en révèlent les nappes les plus enfouies, donnent
à voir “l’invu” avec et contre lequel elles
luttent. »
Francis Wybrands, Le Nouveau Recueil.

















































