La première édition
en 1991 fut, pour le public français, la révélation
de cet immense écrivain. Chef-d’œuvre inachevé,
à classer entre le Manuscrit trouvé à Saragosse et Les Cent Vingt Journées de Sodome,
il est écrit entre 1907 et 1915. Sa parution en français,
antérieure à celle en langue originale, comble
une lacune de taille dans la révolution du roman moderne
associée aux noms les plus connus de l’Autriche-Hongrie
finissante.
Entre le roman noir, le fantasme nu, la féerie et l’exercice
pratique de métaphysique appliquée, entre les enfers
et les « surmondes », l’Italie, l’Inde
et les déserts d’Arabie, le romantisme échevelé
et un picaresque teinté de scatologie, la fresque férocement
irréaliste et gaiement anachronique n’obéit qu’à
sa propre démesure, touchant à tout, depuis les
réincarnations successives de la Vierge jusqu’à
l’aménagement sanitaire de la drôle de machine volante
inventée, semble-t-il, par l’empereur Guillaume Premier.
Au lecteur de se laisser emporter, à ses risques et périls,
par l’irrépressible surenchère de l’imaginaire,
dans un mouvement de progression à l’infini, ponctué
d’abîmes.


























































