« Toute mon expérience poétique s’articule autour de cette perspective : la poésie doit changer la vie. »
Né en 1936 à Paris. Anarchiste à quinze ans, proche des marxistes et des situationnistes, André Laude choisit de défendre la cause des opprimés. L’Algérie sera son premier combat. Arrêté, puis amnistié, il parcourt le monde à la rencontre de ses pairs, écrivains et militants, et participe à la fondation de l’agence de presse nationale d’Algérie. De retour en France, il travaille pour La Tribune socialiste, Le Monde, France Culture avant de connaître une triste fin : « À bout de ressources, socialement rejeté toujours plus loin, malade d’alcool et de désespoir, épuisé physiquement et psychologiquement, André Laude s’est laissé glisser. Le 24 juin 1995, il est parti… »
« Au moment où
d’aucuns s’évertuaient à immuniser la poésie
contre le lyrisme et les interférences du bruit et de
la fureur du monde, il rouvrait les vannes de la subjectivité
et imprimait dans la chair du poème les bouleversements
tragiques de ce monde. Rebelle fulminant d’un bout à l’autre
de sa vie et de son œuvre […] »
Abdellatif Laâbi
« André
Laude ne possédait rien, à part le malheureux vestiaire
qu’il portait sur le dos, rien […] Et, à part son
œuvre, il n’a rien laissé : son oeuvre poétique
publiée en recueils, mais aussi ses livres, et un volume
aussi important de poèmes épars dans une dizaine
de revues ou dans des sacs plastiques de grandes surfaces laissés
ici ou là en attendant. »
Yann Orveillon
