Œdipe roi

Auteur : Sophocle

collection :

date de parution : 16 mars 2006

Traduit du grec par Jean-Paul Savignac.

Bilingue.

11,5 × 16,5 cm. 206 p. 8,10 €.

Collection : Minos.

ISBN : 978-2-7291-1615-6

« Et si une tragédie grecque, c’était d’abord un texte ? Sans doute Œdipe roi est-il la pièce la plus philosophique que nous ayons conservée de Sophocle et son texte, effectivement problématique, après avoir engendré le mythe que l’on sait, a-t-il été l’objet de lectures de toutes sortes, la plus connue étant celle de Freud, mais le phénomène tragique ne doit pas se réduire aux exégèses qu’il suscite ; c’est une œuvre d’art parlée et chantée écrite en vers. Rappeler cette saine évidence convie à ne plus se satisfaire de traductions qui se contenteraient de rendre le sens avec plus ou moins d’élégance sans se soucier de la forme. Sophocle fait s’opposer le parler des personnages illustres, exprimé en trimètres ïambiques, à la parole raffinée et archaïsante du chœur, exprimée en mètres lyriques. Il y a là un aspect formel que la traduction française proposée ici s’est efforcée de prendre en compte. Les vers lyriques sont rendus en français par des vers libres. Aristote dit que “le trimètre ïambique est le plus dans le ton de la conversation” (Poétique 1449 a, 24-28). Quel équivalent lui trouver en français ? Un vers à rythme ternaire constitué de séquences déterminées de trois syllabes du type : Il n’est pas / de mortel / Qui jamais / soit broyé / de plus du- /-re maniè-/-re que toi. On perçoit en plus du sens des paroles un effet de galop parlé qui anime l’expression et, pour ainsi dire, l’emballe. Portés par ce rythme, les propos tragiques acquièrent, dans cette traduction, le caractère énergique et cursif que leur conférait la régularité du trimètre grec. Ces vers mesurés, dont l’emploi du début à la fin du texte est inédit, explicitent avec concision et sérieux l’état passionné d’attente, d’urgence, de colère, d’indignation, de suspicion, de peur, de faux espoir, d’angoisse, de douleur et d’horreur dans lequel progresse l’enquête d’Œdipe, entrecoupée de pauses, qui le conduit, par un enchaînement implacable, à sa chute. »

Jean-Paul Savignac

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