Sous la direction de Eduardo Lourenço, essayiste et philosophe, spécialiste de l’imaginaire collectif du Portugal, des écrivains et des universitaires portent un regard neuf sur les multiples facettes de l’œuvre immense de Miguel Torga.
L’objectif de ce recueil, né
à la suite d’un colloque qui a eu
lieu au Centre Culturel Calouste Gulbenkian à Paris en
2007, est de revitaliser l’œuvre de Torga qui, depuis
le début des années 80, a été l’objet
d’une remarquable fortune critique dans la presse générale
ou spécialisée. Il s’agit aussi de créer
une dynamique de dialogue entre les différentes formes
qu’a prises son écriture (conte, roman, poésie,
journal), pour interroger les questions de territoire et d’identité.
Les intuitions anthropologiques de l’auteur sur la culture
ibérique se révèlent
particulièrement justes.
Miguel Torga est né en 1907 dans une famille
pauvre du nord-est du Portugal. À treize ans, il
émigre seul au Brésil où, tout en continuant
le lycée, il est ouvrier agricole. À dix-huit ans,
il rentre au Portugal, à Coimbra, où il finit ses
études et devient à la fois médecin et écrivain.
Par souci de liberté, il publie toute son œuvre à
compte d’auteur. Sous le régime de Salazar, il connaît
plusieurs fois la prison et ses livres, jugés subversifs,
sont saisis ou interdits. Cette trajectoire hors du commun en
fait l’un des écrivains portugais les plus connus
de l’après-guerre. Il est mort en 1995.
presse
« Ainsi Montaigne est sain et sauf, et nous l’ignorions… Il vit au Portugal dans
la province de Trásos-Montes, sous le nom de Miguel Torga.
»
Pierre Veilletet, Sud-Ouest Dimanche, 1982.
« Une œuvre immense, exceptionnelle
: cinq volumes de contes et nouvelles, huit volumes de romans
et d’essais, quinze volumes de poèmes, cinq volumes
de théâtre, douze tomes de Journal ! Tous publiés
à compte d’auteur… Non parce qu’il ne trouvait
pas d’éditeur, mais pour rester “Torga”,
conforme au pseudonyme qu’il s’est choisi et qui désigne
une bruyère de montagne particulièrement résistante
et, en langage populaire, une forte tête. »
Nicole Zand, Le Monde, 1982.
« Chaque nation possède ses héros, se reconnaît
dans des fi gures qui l’incarnent. Avec Miguel Torga, le
Portugal vient de perdre l’écrivain qui, dans l’époque
moderne, s’était le mieux, le plus
profondément, identifi é à lui. »
Patrick Kéchichian, Le Monde, 20 janvier 1995.
