Le 65e Félicité Éternelle a reçu de ses maîtres la mission de redonner vie à leur temple, laissé à l’abandon depuis vingt-quatre décennies. Il ne doit compter que sur lui-même et sur la novice Lune Brillante.
Dans un climat de morosité sociale et d’oppression larvée entre les écoles de méditation, il va naviguer entre des forces contradictoires : l’inertie du conseil des anciens, la volonté d’indépendance de l’école Grand Eveil, l’influence croissante de l’école Trésor de Patience, l’ambition hégémonique du vieux maître Félicité Suprême, l’appui intéressé des autorités locales, la neutralité incertaine du gouvernement impérial.
Pour prolonger le passé, pour protéger le présent, pour préparer l’avenir, ou tout simplement pour ne pas perdre son âme, il s’interdit d’affirmer sa personnalité véritable, de déployer son intelligence de manière éclatante, de révéler la face cachée de l’histoire de sa lignée, de puiser dans les richesses de son grand-père, de prendre position pour ses alliés de toujours ou contre ses adversaires du moment.
Dans ces conditions peu favorables, avec ses qualités devenues défauts et ses atouts transformés en handicaps, comment pourra t-il s’imposer en douceur et atteindre à coup sûr la réussite, modeste en apparence, réclamée par les siens ?
