Entre 1893 et 1897, Eça de Queiroz, qui était
consul du Portugal à Paris, envoie, régulièrement,
depuis la capitaledes Lettres ou des Billets à la Gazeta de Notícias, journal brésilien. La verve, l’esprit
caustique, la plume acide du grand écrivain qu’il
est, rendent ces articles sur la politique, les mœurs du
temps, à proprement parler irrésistibles. «
M. Casimir Périer
a donné sa démission de président de la
République comme
un commis maltraité et fâché qui, un jour
de crise commerciale,
prend brusquement congé et s’en va, en s’épanchant
sur les turpidudes du magasin et en claquant les portes. »
Comme l’écrit Pierre Léglise-Costa dans sa
préface : « Il cherche à interpréter
les événements à la lumière de ses
immenses connaissances et de la pertinence de son esprit, avec
une liberté proprement surprenante. Quoique toujours favorable
aux idées progressistes, il sait varier les points de
vue de manière à pouvoir aller au-delà de
toutes les apparences. Dans une lettre à son grand ami
Ramalho Ortigão,
il exprime le souhait de voir réunis dans un livre les
différents envois qu’il avait faits au journal brésilien,
et qu’il avait lui-même divisés en Échos
de Paris, Lettres à des familiers et Billets de Paris,
puis de les retravailler afin que ce soit “un livre tolérable”.
La mort l’en a empêché et il nous laisse simplement
cette prose nerveuse, efficace, vive, ce regard sur le monde
qui se révèle encore aujourd’hui parfaitement
d’actualité et qui nous rend évidentes
l’exceptionnelle acuité et la clairvoyance de ses
propos. »
PREMIÈRE ÉDITION EN LIBRAIRIE


























































