La Poussière sur l’herbe

Auteur : Bevilacqua, Alberto

Traducteur : Cavallera, Carole

collection :

date de parution : 4 février 2002

Roman traduit de l’italien et préfacé par Carole Cavallera.

13 x 20 cm. 208 p. 18,25 €.

Collection : Littérature étrangère.

ISBN : 978-2-7291-1384-1

La Poussière sur l’herbe se déroule entre 1944 et 1948, années terribles pour l’Italie que l’éphémère République de Salò plonge dans le désastre de la guerre civile.
Au fil des chapitres, fragments d’histoires qui vont peu à peu se rejoindre, se détache un jeune partisan, Giorgio Donati, amoureux d’une riche héritière volage, Bianca Ghirardini. Il combat le long du Pô, de la région de Parme au delta, dans le « Triangle rouge » ou « Triangle de la mort », contre les derniers représentants de Salò, les Brigadistes noirs. Cependant les personnages qui peuplent ce roman empêchent de croire à un manichéisme confortable : déserteurs, racaille, bandits évadés, tous s’emparent un peu au hasard des emblèmes politiques de la guerre ; communisme ou fascisme qu’importe, ils veulent leur part du butin, goûter au sang, à la vengeance, prolonger le désordre, la folie, les crimes impunis. De tout cela, un enfant est témoin, de ce déchaînement de violence mais aussi – et c’est l’autre face du roman – du retour, à la Libération, des rites ancestraux, de la très riche mythologie du fleuve que sa mère lui explique. Chimère Cantadori, c’est son nom, le conduit aux processions de Pâques, lui montre le rite du taureau qu’on égorge pour apaiser le Pô en furie.
Le roman transcende alors le simple témoignage historique ; il atteint au mythe de la lutte fratricide par la mémoire vive de ces rites très anciens, les « tabous » que les hommes perpétuent en pénitence de ce qu’ils sont devenus. Par là, il devient universel. Un très grand livre.

Étrange destin pour un étrange roman

En 1955, Leonardo Sciascia reçoit un manuscrit envoyé par un jeune homme de 21 ans, Alberto Bevilacqua ; c’est La Polvere sull’erba. Frappé par la qualité et la maturité de ce texte, Sciascia se rend en Emilie-Romagne, à Parme, pour y rencontrer son auteur. Pourtant il a décidé de ne pas publier l’ouvrage et il s’en explique à Bevilacqua : il lui paraît dangereux de faire paraître un tel brûlot, une dénonciation aussi brutale que lucide des errements de l’après-guerre dans une Italie à peine réconciliée. Bevilacqua se résigne. Il continue à écrire, publie beaucoup, devient auteur à succès, cinéaste. Il prétend avoir refusé par la suite la publication de ce premier roman, qu’il aurait même enfermé dans le coffre-fort de son père. À la mort de celui-ci, le texte sort de l’ombre. Bevilacqua le relit et le confie aux Éditions Einaudi. La critique italienne salue alors ce roman comme un de ses plus grands textes.

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