L’Homme sans mémoire

Auteur : Delaive, Serge

collection :

date de parution : 17 janvier 2008

Roman.

13 × 20 cm. 192 p. 15,20 €.

Collection : Littérature.

ISBN : 978-2-7291-1724-5

Un homme sans nom, à la recherche de sa mémoire, un enfant, une femme, une ourse et Ney. Cinq personnages, peut-être quatre, peut-être un seul en train de rêver, se frôlent en quête de réponses à des questions informulées dans ce récit atemporel, rythmés en courts chapitres. L’espace et les époques se mêlent entre les sommets des montagnes et l’océan. Le mystère reste entier. Au lecteur d’en démêler les fils. L’auteur de Café Europa réécrit ici de fond en comble un récit qu’il avait publié très jeune sous pseudonyme. Les obsessions présentes dans Café Europa et Le Livre Canoë réapparaissent dans des paysages glacés. Tout est signe. Les empreintes sur la neige ou sur le sable, comme le nombre des vagues, comme les gestes des hommes, comme l’écriture qui griffe la page blanche. Mais si tout est signe comment les interpréter, comment les déchiffrer ? Dans ce très beau livre, énigmatique et dense, Serge Delaive montre une nouvelle fois son très grand talent d’écrivain.

extrait

Au hasard, l’enfant sillonne les ruelles escarpées qui veinent la colline, pilier du fortin et de son débile oriflamme. Il cherche dans le désordre apparent de son parcours à clarifier ce qui se bouscule dans son esprit. Mais il est seul et rien ni personne ne se porte à son secours, pas même le ciel que la furie a déserté, pesant de sa colère noire et stable sur la ville hébétée. La tempête avait semé le chaos dans le port. Quelques vagues encore inassouvies explosaient en gerbes contre le môle soudain minuscule. Il s’était amusé à compter les vagues pendant que la panique s’installait chez les marins et les ouvriers aussi sûrement que la rumeur enflait. À son étonnement, il constatait que les vagues avançaient par trains de sept, la septième se montrant invariablement la plus forte. Ainsi, il y avait une sorte d’ordre dans le désordre. Ce qui l’avait incité à enquêter au fond du sien. Puis la marée s’était retirée et le ciel de traîne s’était installé. Plus inquiétant dans sa fixité et sa faim. La menace est évidente. Évidente et universelle. En quelques jours, cette menace latente s’était précisée puis concrétisée. Ce que l’enfant pressentait confusément avait pris corps. Il se sait lié au cercle des événements. Il se projette enchaîné à la roue du monde et, scrutant en lui comme au-dehors, il tente de repérer un signe. Une issue.


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