Ibn al-Farid vécut au Caire à la fin du XIIe siècle et au début du XIIIe. Il mêla dans sa jeunesse des études de droit et de théologie à des pratiques d’austérité. Un vieux saint lui ayant révélé qu’il était marqué pour être un messager de Dieu, il partit pour La Mecque se préparer à la Grâce et l’y recevoir. Après quinze années de mortifications et de visions, il revint au Caire, où il mourut âgé d’un peu plus de cinquante ans. Ibn al Farid fut à la fois un des grands poètes de langue arabe mais aussi un des plus grands mystiques de l’Islam. L’expression de son mysticisme est moulée sous la forme traditionnelle des poèmes lyriques de louange et d’amour. Nous retrouvons dans La Grande Taiyya l’essentiel de la doctrine soufie. Toutes choses en réalité sont une ; elles ne sont que l’apparence phénoménale, les attributs de l’Essence divine.
