Dans un hôtel particulier du VIe arrondissement de Paris
jouxtant l’ancien couvent des Carmes, siège des Massacres
de Septembre 1792, le Dr Yves Duclaux entreprend la tâche
d’écrire la monographie d’un personnage historique,
le marquis de Rougeville, météore désastreux
de la Révolution française. Sa personnalité
creuse en fait le « génie du lieu ». À
son tour, le Dr Duclaux subit l’influence inexorable du
lieu, ressuscitant le « fantôme » de Rougeville
et libérant les miasmes délétères
de la Terreur dans une spirale de forces qui entraîne dans
des tourments abyssaux tous ses proches : le narrateur,
Tanguy Loiseleur, témoin de la réverbération
des Puissances infernales dans un Paris placé sous le
signe d’Isis la Mystérieuse, Rambures, autre passe-murailles,
médium à ses heures, Jacques Larivière,
occultiste érotomane, Axelle et Hatwig Orlov, les « Filles
du Feu », Apollinaire Rosporden et Zygmunt Morgenstern,
compagnons de route d’Yves Duclaux au sein d’un groupe
d’intervention clandestine engagé dans une politique
de redressement européen en lutte contre la décadence.
Mesurant leurs dérives à l’aune des songes
calcinés de Robespierre, Danton et Philippe-Égalité,
les protagonistes du roman deviennent pareillement des Fils de
la Veuve. Dans une lente descente aux enfers, ils sont confrontés
à leurs doubles, clefs de leur vrai visage, comme l’avait
vu Gustav Meyrink, au risque de « perdre la tête ».
La Veuve, c’est aussi la guillotine, œuvre de Joseph
Guillotin (1738-1814) : « Le supplice que j’ai
idée de vous proposer est si doux qu’on ne saurait
que dire si on ne s’attendait pas à mourir et qu’on
croirait n’avoir senti sur le coup qu’une légère
fraîcheur. »
Avec ce roman étrange, Jean-Marc Tisserant renoue avec
sa passion pour l’ésotérisme. Grand connaisseur
de Swedenborg, il avait préfacé le Traité
des représentations et des correspondances, paru en
1978 à La Différence.





















































