Orson Welles cinéaste, une caméra visible – Les Films de la période nomade

volume 3

Auteur : Ishaghpour, Youssef

collection :

date de parution : 21 octobre 2005

À l’instar de Gregory Arkadin, la figure mythique qu’il a inventée, Orson Welles, devenu nomade, allait de lieu en lieu. Non pas, comme le personnage de son conte moderne, pour étendre sa domination sur le monde, mais en tant que Souverain d’un royaume inexistant où il aurait pu réaliser des films. Ce royaume avait eu une terre d’origine : Shakespeare et le théâtre où l’acteur et le metteur en scène Orson Welles était venu au monde. C’est là que, réduit à lui-même, Welles retournait sans cesse, pour réinventer toujours, en expérimentateur comme il se définissait, de nouvelles formes de cinéma dans les rapports, chaque fois différents, du théâtre et de la reproduction technique : avec l’expérience « magique » de Macbeth, l’expression « opératique » d’Othello, la nostalgie « narrative » de Falstaff. Ces retours à Shakespeare n’étaient cependant pas pour Welles dépourvus d’intentions actuelles, plus sérieuses encore que la parodie de Staline, avec le « Géorgien » Gregory Arkadin poignardant ses anciens acolytes. Welles avait commencé sa carrière pendant la Dépression par un engagement politique qui s’exprimait encore clairement dans son seul film hollywoodien d’après l’exil : La Soif du mal, le dernier grand moment d’Hollywood, dans lequel Welles lui reprenait ses propres inventions formelles qui avaient renouvelé le cinéma américain. La même vision politique marquait son approche du Procès, comme le « cauchemar » du XXe siècle, dans une critique de l’État totalitaire et bureaucratique. À l’absence réelle de la liberté souveraine, Citizen Kane avait opposé déjà la souveraineté esthétique. Celle-ci faisait l’objet des derniers films de Welles : Falstaff, Une histoire immortelle, Vérité et mensonge et l’inachevé De l’autre côté du vent consacrés tous à l’art et à l’artiste, devenus de plus en plus problématiques, dans un monde dominé, à la fin, par l’image-communication-marchandise, où même l’artiste, disait Adorno, se transforme en Fake : « faux ».

TABLE DES MATIÈRES

Fondu enchaîné

La parole de l’être solitaire. Macbeth

La transcendance de la forme. La tragédie d’Othello

Mascarade : l’individu se meurt, pastiche et fausse barbe. Confidential report – Dossier secret, Mr Arkadin – Monsieur Arkadin

La raison pratique : I - Prolégomènes en film noir. Touch of Evil – La Soif du mal

La raison pratique : II - Le pouvoir et l’éthique. The Trial – Le Procès

L’éducation esthétique : L’artiste et le pouvoir. Chimes at Midnight – Falstaff

Avant-dernière pensée : Vérité de la fiction. The Immortal Story – Une histoire immortelle

La fin de la modernité. Discours métazizique : Protée et l’escamoteur. F for Fake – Vérité et mensonge

Marges, fragments, ruines II

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