Le nihilisme est le constat de l’échec mondial de la civilisation : là où l’homme avait dressé ses idoles et ses dieux, il ne reste qu’un gigantesque charnier. Une question se pose : l’échec mondial de la culture et le dévoilement de ce charnier marquent-ils l’échec sans recours de l’Homme, ou bien l’échec d’un échec, en sorte que le nihilisme serait le moment où tous les hommes doivent éteindre les charniers qu’ils ont pourtant instaurés, sous peine de se détruire eux-mêmes ? Les Évangiles du XXe siècle, anthologie qui réunit une pléiade d’auteurs, fixe, à travers leurs divergences et convergences, le point où les hommes sortent du nihilisme. La Terre de l’homme apparaît et la vie inouïe – non mutilée – à laquelle nous n’osions plus croire se révèle, laissant entrevoir la possibilité d’un monde sans mort lorsqu’enfin nous cesserons de nous entretuer.
