Les Étoiles filantes

Auteur : Bellefroid, Jacques

collection :

date de parution : 1er mars 1991

Roman.

13,3 × 20 cm. 136 p. 7,60 €.

Collection : Littérature.

ISBN : 978-2-7291-0133-6

Elle se passa la main dans les cheveux qu’elle avait abondants, blond fleuve épais dont les torsades se dénouèrent entre ses doigts. Ça faisait du bien. Elle repassa plusieurs fois la main, caressant sa paume un peu moite aux fils d’or et de soie de sa chevelure légèrement électrisée. Elle connaissait cela, l’électricité dans les cheveux. C’était un signe d’orage. Elle pouvait se fier à son corps aussi sûrement qu’à un baromètre, oscillographe sensible et fiable, partenaire consciencieux, ami des mauvais jours, et des bons moments. Elle trempa ses lèvres à son verre, et but. Je ne vais pas me saouler, quand même. Mais il n’y a pas d’eau à table. On a oublié. Katia n’a pas toute sa tête, ce soir, elle oublie tout. Ils boivent trop. Tout cela va mal finir. Il faut aller chercher de l’eau. Elle se leva.

« À première vue, Les Étoiles Filantes de Jacques Bellefroid n’ont pas l’allure d’un second roman, ni d’un troisième, mais le ton du premier éclat d’un auteur très jeune et très doué. Mais, sur la page de garde, je vois que son premier roman La Grand Porte est ouverte à deux battants fut publié par l’Herne 10/18 en 1964. Vingt ans, déjà. Ce qui prouve, a contrario, qu’il est parfaitement maître de son sujet dans cette démonstration de juvénile arrogance. »
Michèle Bernstein, Libération

« C’est le triomphe de la demi-teinte, du non-dit qui parle infiniment : une histoire qui est un peu plus qu’une histoire d’amour, joliment écrite, avec des dialogues justes, et pas plus qu’il n’en faut. »
Pierre-Robert Leclercq, Le Monde

« Il y a dans ce roman une gravité à laquelle on n’est pas accoutumé, parce qu’elle est habillée de légèreté et d’ironie. Les dernières pages ont le pouvoir de faire naître une émotion aussi bouleversante que celle créée par Dostoïevski, dans L’Idiot. »
Maxime Caron, La Voix du Nord

« Jacques Bellefroid sait insinuer le drame au sein de sa comédie fin-de-siècle. Les mots et les sentiments se referment comme un piège sur des êtres plus démunis qu’on ne l’aurait cru au départ. L’amour (avec son chassé-croisé de couples en formation et en rupture) et l’amitié en prennent un coup dont ils ne se relèveront peut-être pas. Un moraliste tient le stylo. » Christian Giudicelli, Lire

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