L’Étoile de l’alliance

Auteur : George, Stefan

Traducteur : Lehnen, Ludwig

collection :

date de parution : 15 avril 2005

Poèmes traduits de l’allemand et présentés par Ludwig Lehnen.

Bilingue.

16 reproductions noir et blanc.

13 x 20 cm. 262 p. 20,30 €.

Collection : Le Fleuve et l’Écho.

ISBN : 978-2-7291-1537-1

George est un des tout premiers poètes allemands, et comme tel, il a aussi été considéré en France, avant la guerre. L’oubli dans lequel il est tombé est peut-être une chance, offrant la possibilité de lire cette poésie forte et « violente » sans idées préconçues et dans l’ignorance de tous les poncifs qui dans l’histoire de sa réception en ont encombré l’accès. Le lire dans l’absolu du poème. George aimait dire qu’il était trop simple pour être compris. D’une lucidité hors du commun, il ressentit de manière aiguë la menace qui planait sur les conditions d’existence même de la poésie telle qu’il la concevait, c’est-à-dire de la haute poésie. Ce précaire équilibre où se maintient l’esprit au contact de la poésie, il le vit menacé par « l’esprit » des temps modernes et notamment de son époque dominée selon lui par le double mouvement d’une « cérébralisation » et d’une « matérialisation » croissantes et excessives.
Avec L’Étoile de l’alliance l’art de George atteint sa maturité. La poésie est d’une austérité et d’une nudité extrême. La préciosité, l’élégance qui caractérisaient ses premiers recueils paraissent relever de la « vieillerie poétique ». Poésie dépouillée, donc, voire rude, qui ne garde que l’essentiel. Publiée dans les premiers jours de février 1914, L’Étoile de l’alliance n’a jamais été destinée à « la jeunesse dans les tranchées » mais aux amis du cercle étroit. C’est à l’origine un livre secret. Il a été composé en cent poèmes, à l’image de la Commedia de Dante qu’il avait partiellement traduite et publiée en 1909, soit neuf poèmes de prélude, puis trois livres de trente poèmes subdivisés en groupes de dix, à l’intérieur desquels on peut encore distinguer des groupements par trois, et un chœur final. Dans les poèmes du prélude, tous de quatorze vers, résonne aussi un écho des Sonnets de Shakespeare qu’il avait également traduits. Dantesque, à l’évidence, au niveau du contenu, la coexistence de l’enfer, du purgatoire, du paradis, autrement dit la fustigation des temps présents, l’action pédagogique, le chant de la « terre matinière » mais, à la différence de Dante, tout est d’ici-bas, de la terre, précisément.

TOI TOUJOURS DÉBUT ET FIN ET MILIEU POUR NOUS
Nos louanges de ta trajectoire ici-bas
S’élèvent Seigneur du Tournant vers ton étoile.
Jadis de vastes ténèbres couvraient le pays
Le temple vacillait la flamme Intérieure
Ne jaillissait plus en nous par d’autres fièvres
Épuisés que celle des pères : vers les trônes
Interdits des Sereins des Forts et des Légers
Le désir des lointains suçait le meilleur sang...
Alors rejeton de notre propre souche
Tu vins vers nous dans la splendeur nue du dieu : beau
Comme nulle image tangible comme aucun rêve.
Alors le bonheur coulait de tes mains sacrées
Alors la lumière se fit et tout désir se tut.

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