« En 1875, à trente-deux ans, Henry James,
qui a commencé à s’imposer aux États-Unis,
séjourne à Paris. Pour amortir ses frais et parce
qu’il a l’ambition d’être un observateur
de la vie parisienne, il obtient de devenir le correspondant
du New York Tribune dans la capitale. De décembre 1875
à juillet 1876, il va ainsi, en vingt lettres destinées
au public américain, faire part de ses impressions. C’est
toute la matière des Esquisses parisiennes.
Rien ne va manquer au tableau de chasse de ce “voyeur”
scrupuleux, malicieux, sensible et caustique. Si elle n’est
pas primordiale dans ses curiosités, la politique n’est
pas absente : James assiste ainsi à l’accouchement
de la République après qu’une victoire de
la gauche eut contraint Mac Mahon à suivre une politique
à l’opposé de ses choix profonds. On décrie
la “gueuse” dans les milieux aristocratiques et chez
les nostalgiques de l’Empereur, “un homme qui savait
rendre une ville charmante”, mais, aux yeux de notre observateur,
pas de doute la République, toute vacillante qu’elle
soit, est là pour durer, car elle est un “état
de choses confortable, permanent et raisonnable” »
Pierre Kyria, Le Monde.
