Nous allons vers Europe, sans savoir très bien ce que cela peut être. Où plutôt, chaque nation se représente l’Europe selon ses désirs. La France croit que ce sera une nation, l’Allemagne un marché, l’Italie un gouvernement... Même les Suisses pourraient bien commencer à croire que ce sera une confédération. Ont-ils tort ? Ce qui caractérise l’Europe, c’est l’interdépendance économique et l’alliance défensive militaire, et ceci entre des sociétés fort semblables, poursuivant à peu près les mêmes buts, mais de traditions culturelles absolument différentes, et finalement presque étanches les unes aux autres. Or ceci, c’est exactement la Suisse. Même si aucun « modèle » simple ne peut en sortir, l’esprit doit en être à nouveau interrogé. Le primat de l’autonomie régionale et le refus de jouer un rôle sanglant dans l’Histoire, peuvent-ils devenir des principes européens ? Peut-on s’unir sans s’unifier ? Gonzague de Reynold (1880-1970) a consacré toute sa vie à l’histoire de l’Europe, dont il identifié la destinée avec celle de la religion chrétienne.











































































