De la santé des gens de lettres

Auteur : Tissot, Samuel-Auguste

collection :

date de parution : 2 mai 1991

Essai.

Préface de Christophe Calame.

13 × 20 cm. 176 p.

Collection : Sept cents ans de littérature en Suisse romande.

Épuisé.

Dès les premières lignes, Tissot est avant tout un écrivain, qui frappe les lecteurs du « monde » par la véhémence de ses évocations. Élevé par les Jésuites, reçu à la Cour, il aurait été un auteur tragique. Il a fallu la Suisse romande, le protestantisme, l’inhibition littéraire et théâtrale pour en faire un médecin. Empiriste novateur, méprisant les traditions médicales, confiant dans le sentiment interne du malade, il a été le médecin, voire le confident éclairé, de Rousseau.

Car Tissot soigne avant tout l’esprit. Alors, pourquoi un livre contre la lecture, contre la vie intellectuelle ? Regardons bien cependant quelles sont les lectures les plus pernicieuses. D’abord la poésie épique : Madame Darcier s’évanouit en récitant les adieux d’Hector à Andromaque. Ensuite viennent tous les romans, qui échauffent. Puis la métaphysique, la théologie...

De même que les Lumières protestent contre la littérature qui abuse de l’esprit, de même le corps fait de la critique pour son compte, quand il manifeste à sa fa&çon son horreur des mauvais livres. C’est que la véritable philosophie, depuis toujours, se soustrait à la lettre. Elle se promène sur les bords de l’Ilissos, elle déambule dans les sentiers du Lycabète, elle marche en herborisant, elle grimpe entre les rochers « six mille pieds » au-dessus des livres. La scénographie de Tissot nous restitue l’envers de la pensée, le corps assassiné par la lettre.

les autres ouvrages de Samuel-Auguste Tissot :

mots associés


mentions légales | SPIP | webdesign et développement CHOC 02 | | Plan du site |  RSS 2.0 | s'inscrire à la liste de diffusion