Aucun siècle plus que le XVIIe ne s’est autant soucié de traquer les secrets des coeurs que d’exceller dans les exercices de simulation et de dissimulation, quels qu’en soient les domaines – pictural, architectural, politique, moral. Il a conçu l’art de paraître comme un art du secret et inversement. Dénonçant aussi bien que jouant des figures du visible-invisible, montrer-cacher, avouer-receler, paraître-disparaître, il en a décliné tous les possibles jusqu’à épuisement du sens. Impossible cependant de sortir de ce jeu, sinon par un silence de mort, puisqu’il est constitutif de la nature du signe telle que l’a définie la logique de Port-Royal : « La même chose pouvant être en même temps et chose et signe, peut cacher comme chose ce qu’elle découvre comme signe. » La duplicité n’est ni esthétique, ni politique, ni sociale, elle est inhérente au langage. Gracián y a vu aussi la clef du « mot d’esprit », Pascal l’indice d’une ouverture incontournable.
