La Clé de cendre

Auteur : Waldberg, Patrick

collection :

date de parution : 1er mars 1999

Roman.

12,9 × 20 cm. 286 p. 18,55 €.

Collection : Littérature.

ISBN : 978-2-7291-1240-0

Unique roman de Patrick Waldberg (1913-1985), acteur et témoin des errances et des égarements qu’il y décrit, La Clé de cendre nous précipite dans le Paris de 1933, où se forment et se défont, s’interpénètrent parfois de petits groupes souvent affrontés de révolutionnaires et de chercheurs de vérité. Les uns et les autres sont dominés par d’emblématiques personnages parmi lesquels on reconnaîtra - sous le travestissement propre à la fiction – les éminentes figures de Souvarine (Ghégov) et de Bataille (Saint-Nom) – celui-ci déjà obsédé par la mise en pratique rituelle et communautaire d’une ascèse commandée par le « dérèglement raisonné de tous les sens ». Pérégrinations nocturnes, rencontres, discussions, rêves éveillés, désir, une vie intense se déploie dans les limites presque infranchissables du Paris de Charles Méryon, graveur génial et fou salué par Hugo, par Baudelaire, et qui a bizarrement son rôle, son mot fatal à dire dans le livre. Il n’y a pas un personnage, pas un passant considérable ou non, qui ne prenne ici, dans cette prose étrange et maîtrisée, des allures hallucinantes. Comme sortis de la plume d’un Granville, voici le Recruteur, l’Inquiet, l’Architecte, l’Oiseau, l’Empereur Commode... Tous occupés à réaliser, bien ou mal, avec les autres protagonistes du roman, l’œuvre que résume un fameux tableau surréaliste  : La Révolution la nuit.

« Par la grâce de ce chant d’amour à Paris, la fiction fusionne avec l’Histoire, Breton devient le contemporain de Villon, Bataille celui de Lautréamont. Loin de la gâcher, son inachèvement en accentue la réjouissante étrangeté. »
Sébastien Lapaque, Le Figaro