Dans le sud de l’Italie, quelque part sur la route de Brindes, le promontoire du Gargano domine la mer mauvaise. Accroché à ses fancs, un village, le Borgo, nourri d’histoires dangereuses où les soldats de fortune pillent et tuent, veille sur la montagne et attend le coup de grâce de l’ennemi qui guette.
Le Cavallino, après avoir livré bataille, retourne en son village auréolé de l’éclat d’une blessure qui témoigne de son combat. Mais ce qu’il a vu n’est pas dicible à ses frères de guerre, avinés, trompe-la-mort qui font profession de réchauffer en leur sein l’Ennemi autour de la table de l’auberge du Borgo. Lorsqu’il veut leur livrer le secret de ce que très peu ont pu voir : la présence vivifiante des morts, la beauté, la douceur de la voix d’une femme aimée, il ne reçoit que rires, moqueries et quolibets.
A travers son personnage, le Cavallino, en une Italie mi-réelle, mi-rêvée, aux temps imprécis des condottieri et des roitelets, Jean Védrines ressuscite une part de la longue mémoire méditerranéenne. Les histoires du Cavallino, ce château perdu, ont-elles la noblesse qu’elles exaltent ? Elles sont en tout cas une partie de notre héritage et de notre Histoire, faite de combats, de légendes et de songes enténébrés.
