Nous avons ici un roman européen, et pas seulement parce qu’il se passe en Europe et que ses personnages lui sont propres, mais parce que, pour être exact, c’est un roman français, où l’éternité est recherchée dans ces vieilles qualités de mesure, d’élégance et de sagesse qui, comme chez Racine, sont le point fixe autour duquel s’agitent les passions les plus bigarrées. Les Bois au milieu de l’orage, paru en 1975, se présente comme une brève parenthèse excluant toute réalité, excepté la réalité – ou l’irréalité – de l’amour. Les personnages y sont dépouillés de toute caractéristique ou préoccupation qui ne sont pas en relation avec l’amour, et ne nous sont révélés que par les positions changeantes et innombrables qu’ils occupent sur un échiquier amoureux. Refermée par la femme qui l’avait ouverte, cette parenthèse somptueuse, strict territoire du roman, aura un instant interrompu la mort.
