Peuplier, danseur d’absolu,
Marié au vent mais infidèle qui noue l’air
Plus que l’air ne peut tenir,
Ici levé tout blanc, et là
Tordu, ailleurs
Ployant, vert répandu,
Jamais tranquille et dont la pure mobilité
Peut pour un arbre supporter le poids du ciel.
« Alors qu’un grand nombre de poètes américains se réfugient dans les laboratoires du langage, la revendication virulente ou la simple anecdote quotidienne, Richard Wilbur a des visées plus hautes et plus nobles. On peut dire, d’un point de vue purement européen, qu’il allie deux mythologies, à première vue incompatibles : celle de la vie américaine avec toutes ses aberrations psychiques et psychanalytiques, et celle d’un lointain mais profond souvenir des légendes gréco-latines. »
Alain Bosquet (extrait de la préface)
