« Paru en 1929, Le Barbier tient du récit, de l’essai, du rêve, de l’exposé poétique,
de l’autoportrait et de l’autodestruction (“Le Barbier
est le dynamiteur de la maison que je suis”, dit l’auteur).
Exercice de langage marqué du désespoir et dés
fantasmes d’un Tchèque qui fut très proche de la
France. Richard Weiner, poète maudit, né dans une
famille juive bilingue, “ni tchèque, ni allemand,
ni français”, expatrié dès 1909 en
Allemagne après des études de chimie, vient à
Paris en 1912, décidé à se consacrer à
l’écriture ; dans les années 20, il va se lier
avec les membres du Grand Jeu, René Daumal et Roger Vailland,
et va suivre, un temps, la même voie avant de se réfugier,
brisé par l’échec de ses écrits, dans le
silence. Silence que laissait présager ce Barbier
tonitruant qui jette des brins de barbe dans tous les sens pour,
ne trouver, finalement, que la voie du “désespoir
conséquent” dans cette errance touffue qui ne se
veut surtout pas manifeste littéraire. “L’auteur
ne veut pas et n’a jamais eu l’idée de faire la mère
poule gloussante pour rassembler ses poussins sous le prétexte
d’un danger commun, écrit l’auteur à son éditeur.
Il n’y a pas de dangers communs, il n’y a que des épouvantails
collectifs”... »
Nicole Zand
