« Ce livre, mon premier recueil, parut, non tel
quel, à Alger en 1983. La ville, alors, faisait encore
de l’effet mais l’on se doutait bien, du moins quelques-uns,
que cela ne durerait pas. Bien sûr, personne n’imaginait
le désastre que cela allait être, et au fond, ça
n’est pas plus mal. L’ignorance de l’avenir assure
une liberté de mouvement, les mots ne sont pas malmenés
pour livrer des secrets ou contrer l’oracle ; c’est
pourquoi, malgré le léger frémissement des
épidermes et les chutes de tension temporaires que ne
pouvait malgré tout empêcher l’illusion d’être,
il y avait de l’outrance dans les bars, de vrais bars avec
une variété de kémias qui maintenaient plus
ou moins droit (roide) le buveur au comptoir. La vie n’était
pas rose et la poésie restait une affaire sérieuse
à débattre dans des cénacles cachés
comme l’interdit du vin ou le code de la famille. L’air
du temps était à doser avec minutie.
Au départ, il y avait six parties conçues comme
autant d’escales connues de tous les itinérants.
Maintenant que plus de vingt ans ont passé, les haltes
ont été revisitées et une septième
s’y est ajoutée, non que le chiffre sept remplisse
une quelconque fonction, mais seulement pour une question d’équilibre.
Le Cahier d’études qui précède indique
le long cheminement des choses que l’on donne en évitant
de se couper les mains. »
Habib Tengour
Elle dit tu fumes trop
Lui pense sans le dire la cheminée elle
pas assez Il se dit qu’avec le feu on ne fait
pas bon ménage
Entre eux la cendre une pomme de discorde
Avec l’hiver les bûchettes ne se comptent plus
sur les dix doigts


















































































































