Années de sable couvrent les années 1963 à 1967. En pleine rédaction d’Un jeune homme de Venise, roman qui paraît en mai 1966, Cluny, entre ses voyages au Portugal, en Israël, en Sicile, en Argentine, dresse le portrait de ses interlocuteurs dans le milieu littéraire parisien : Green, Arland, Bosquet, Lambrichs... et livre ses réflexions sur des livres qu’il est en train de lire, les événements politiques, la peinture.
Comme l’écrivait Gilles Martin Chauffier, dans Paris-Match, à propos du Silence de Delphes : « Au fond, tout s’explique par cette inlassable curiosité. Il rend visite à Cocteau, Montherlant ou Jouhandeau, fréquente la N.r.f., passe dans un cocktail, va au cinéma ou au théâtre, voyage à travers l’Europe, drague et rapporte le soir au bercail ses constatations. [...] Les gens comme Cluny ne parlent pas fort, n’ont pas de voiture, ne roulent pas des épaules mais font mieux qu’intimer le respect : ils l’inspirent. »
