« Mohamed Leftah a signé avec Demoiselles de Numidie, un roman qui mérite d’être
qualifié de chef-d’œuvre. Si l’on dit que
ce livre est écrit dans une langue splendide, on n’en
fait pas suffisamment mesurer l’originalité, la nécessité,
la justesse constante. C’est à une sorte d’enchantement
pourrissant que nous convie Mohamed Leftah. Il raconte un bordel
à Casablanca avec un élan de styliste qui fait
songer à Apollinaire, ou à Pierre Louÿs. Tout
l’ouvrage appelle constamment à des comparaisons
qui feraient rougir l’auteur, lequel rougirait donc au Caire
où il vit actuellement, mais on ne connaît pas d’autre
écrivain marocain de langue française qui ait fait
preuve d’une originalité aussi fulgurante, aussi
corrosive, mêlant la tendresse la plus épanouie
à la description la plus choquante, la plus vraie des
sévices sacrificiels imposés par le monde prostitutionnel. »
Salim Jay, Dictionnaire des écrivains marocains.
« Il y a du Filles et ports d’Europe et encore plus du Jésus la Caille dans ces personnages
arabo-berbères, naïfs et troubles, tel ce Zapata
justement, viril à l’excès, sodomisant sa
protégée, “niquant” un riche touriste
danois, avant de “marquer” l’une au couteau, de
laisser la police coxer l’autre pour trafic de drogue. Macs
justiciers à la façon de Genet, “macs innocemment
cruels de mon pays”, constate Leftah à qui il a dû
falloir un peu de cran, même si c’est en français
et en France, pour évoquer ces sujets sulfureux liés
à la sexualité, généralement proscrits
par les États musulmans contemporains. »
Jean-Pierre Pérocel Hugoz, Le Monde.























































































