« Comment peut-on
écrire aujourd’hui en gaulois ? La langue de Vercingétorix
est en effet pauvrement attestée – on a retrouvé
jusqu’ici à peu près une centaine d’inscriptions
en langue gauloise pour plus de dix mille inscriptions latines.
Et il n’y a pas de texte étendu. J’ai utilisé les
mots répertoriés à partir des inscriptions
que les archéologues ne cessent d’exhumer et que les linguistes,
à leur suite, s’empressent de déchiffrer. Comme
le stock lexical restait insuffisant, j’ai utilisé un
vocabulaire gaulois reconstitué à partir des langues
filles du gaulois : gallois, cornique, breton, irlandais, mannois
et écossais. Pour quelques rares cas, les langues issues
de l’indo-européen et l’indo-européen lui-même
ont pu fournir un terme gaulois conjectural.
Le poème gaulois présente un graphisme inspiré
de la cursive latine utilisée en Gaule dans les premiers
siècles de notre ère. J’ai seulement modifié
quelques lettres pour faciliter une lecture directe. Ces textes
n’ont pas été tirés du sol, ils sont bien
évidemment inventés (comme tout poème !),
ce sont des bulles improbables.
L’écriture de ces poèmes est liée aux dessins.
L’objet de ce livre est une offrande aux Gaulois de nos enluminures
et de nos écritures. Les poèmes magnifiés
graphiquement, ont été écrits en gaulois
afin que quelque part leurs esprits d’outre-tombe les entendent
et les comprennent. Les dessins offrent dans leurs signes des
ressemblances avec les traits héraldiques dont sont gravées
les monnaies gauloises afin d’attirer leur regard propice. »
Jean-Paul Savignac





























































































































































































































































