Le catenacciù est le nom de la procession du vendredi saint à Sartène, en Corse. Au long des quatorze stations, un pénitent anonyme expie une faute grave en portant la croix et les chaînes du Christ à travers la ville, d’églises en chapelles. Tant bien que mal, les pénitents blancs le protègent de la foule qui cherche à le faire trébucher pour découvrir son identité. Enfant de Sartène, revenu au pays après une carrière artistique incertaine, le héros du livre endossera l’habit du pénitent rouge. Quelle faute expie-t-il ? L’accident de la route dans lequel a péri la femme aimée ? Sous la forme d’un journal de retour au pays natal, le livre alterne souvenirs cuisants et chronique du temps présent qui fait la part belle à la vie quotidienne en Corse (querelles de vieux, histoires de chiens, jeunesses perdues dans les cafés, miroir déformant du tourisme...). Mais le deuil qui sous-tend le récit pétrifie personnes et paysages sous forme de stèles. Le roman, dans son écriture dense, devient un véritable chant corse, une vibrante stèle funéraire.

















































































































































































































































