L’Oiseau de plomb est un roman lyrique et violent que Jean Védrines dédie à son grand-père,
Charles Toussaint Védrines, aviateur célèbre
de la guerre de 14, baptisé Jules par ses compagnons d’armes,
qui le 21 avril 1919, voulant franchir les Alpes, tomba près
du Rhône au creux de Thines.
Comme dans Château perdu, c’est la version légendaire
de l’Histoire qu’invente Védrines. Il transfigure la mort
de son grand-père, forge un récit mythique des
guerres aériennes du XXe siècle, dessine une vérité
que les chroniques ou les biographies ignorent.
Une ville, au pied des Alpes, couchée le long d’un fleuve.
Dans les airs, une poignée d’aviateurs, de têtes
brûlées, à bord de leurs carlingues, qui,
chaque nuit, quittent leur repaire montagneux pour bombarder
l’ennemi. Parmi eux Toussaint, Râpière, Palinure,
Bertrand de Born, et le mitrailleur Curzio, figure de Malaparte.
Sur terre, l’Allemand qui occupe les villes prises, ravage les
provinces du Sud ; et Faillefeu, le « dernier
des hommes », qui voit mourir le pays de ses ancêtres
et n’a d’autre salut que de passer un pont miraculeusement épargné.
Ils bombardent la ville. S’écrase Curzio tandis que Toussaint
cherche à enrôler des hommes, Faillefeu sûrement,
pour continuer le combat.
Étrange et magnifique livre. Pour évoquer ces hommes qui
sillonnent le ciel dans leurs carcasses rouillées, Védrines
a cherché à réinventer une langue française
imagée et rocailleuse, un parler issu d’une histoire très
ancienne qui évoque, mieux que des dates ou des faits
précis, la couleur d’un pays, la violence d’une époque.





























































































































































































































































