Traduit en italien vingt ans
après la mort de Chirico, Monsieur Dudron, rédigé en français, est resté inédit en France.
À mi-chemin entre Hebdomeros, œuvre métaphysique
(1929) et le récit autobiographique de Souvenirs de ma vie (1945), Monsieur Dudron couvre les deux registres.
Il est aussi une profession de foi sur le métier de peintre
dont la grandeur et la décadence sont analysées
par la voix de Isabella Far, l’amie philosophe de Monsieur
Dudron dans le roman, l’épouse de de Chirico dans
la vie. Monsieur Dudron apparaît donc, sans nul doute,
comme un autoportrait du peintre dont les souvenirs sont autant
rêvés que réels et dont les interrogations
sur la peinture nous parviennent renvoyées par un discours
théorique qui n’est pas sans humour. Le livre s’achève
sur ces mots : « L’auteur de ces pages ira aussi
se coucher, gracieux lecteur, ou gracieuse lectrice. Il est aussi
fatigué et il est tard, presque une heure après
minuit. Il ira se coucher et dormira au moins jusqu’à
midi ; il a toujours besoin de dormir beaucoup et cela, du reste,
est tout à fait normal, car, comme avait l’habitude
de dire Arthur Schopenhauer, un long sommeil est indispensable
aux hommes de génie. »





























































































































































































































































