Il y a maintenant un quart de siècle que Jean Pavans,
par ses traductions, ses analyses, ses adaptations théâtrales,
approfondit sa relation avec l’œuvre immense d’Henry
James.
À l’opposé d’un essai académique,
les Heures jamesiennes sont le reflet concentré
de cette aventure littéraire. Elles comportent trois sections :
La première, Le Secret à la source, explore les raisons personnelles d’une fascination, en sondant les
racines psychiques du génie de James. Dans ses œuvres
les plus énigmatiques, dont certaines ne purent être
convenablement décryptées qu’un siècle
après leur parution, James a fait de la nécessité
du secret une des sources décisives de son art romanesque,
lui permettant d’y inscrire en toute liberté et en
toute sécurité certains sujets fondateurs (dont
l’homosexualité) criminalisés par l’époque
victorienne où il vivait.
La deuxième section, L’anneau dans le buisson,
est une imitation de cet art du secret. C’est une nouvelle
élaborée sous forme de pastiche, un traitement
jamesien d’un sujet propre à l’expérience
personnelle du pasticheur. Pavans s’était déjà
illustré dans le pastiche dans un précédent
livre, Sauna.
La troisième section, Le divin principe du scénario,
considère cette théorie de Henry James, selon laquelle
le roman devrait s’astreindre aux rigueurs des règles
du théâtre. C’est sans doute la raison de la
réussite artistique et publique de tant d’adaptations
de chefs-d’œuvre romanesques de James, alors que les
pièces qu’il a écrites connurent, de son viavant,
des fiascos, et sont désormais oubliées.













