En s’inspirant de la pratique du « cadavre exquis », chère
aux surréalistes, Patrice Trigano, l’auteur d’Une vie pour l’art
et d’À l’ombre des flammes, a proposé à Fernando Arrabal
un échange de correspondance « en double aveugle ». Les
règles du rapport épistolaire traditionnel en sont bousculées
tout en s’enrichissant des lois du hasard. Patrice Trigano
conte sa rencontre bouleversante avec l’œuvre d’Arrabal
et le dramaturge, avec l’intelligence, l’immense culture, le
sens de la révolte et la drôlerie qui le caractérisent, parle
de son processus créatif, des traumatismes d’une enfance
meurtrie par l’absence d’un père et la trahison d’une mère,
vécus sous les horreurs du régime franquiste. Il relate sa
participation au groupe surréaliste, la création avec ses
amis Topor et Jodorowsky du groupe Panique et nous
éclaire sur ses passions : l’alchimie, les mathématiques,
les échecs.
Dans ce Rendez-vous à Zanzibar les deux compères
évoquent également Ionesco, Beckett, Adamov, Cioran,
Buñuel, Borges… et lèvent le voile sur les activités du
très discret Collège de ’Pataphysique où, sur la liste des
transcendants satrapes, le nom d’Arrabal a rejoint ceux de
Marcel Duchamp, Max Ernst, Boris Vian, Jacques Prévert,
Eugène Ionesco, Jean Dubuffet, Jean Baudrillard, Umberto
Eco et Dario Fo.









































































