Les Événements visibles et autres poèmes

Auteur : Vautibault, Élisabeth de

collection :

date de parution : 14 février 2008

Poèmes préfacés par Léon-Paul Fargue, rassemblés et présentés par Jean-José Marchand.

12,8 × 20 cm. 160 p. 15,20 €.

Collection : Clepsydre.

ISBN : 978-2-7291-1733-7

Les poèmes d’Élisabeth de Vautibault sont beaux, j’ai gardé ce mot pour la fin à dessein, parce qu’ils sont poèmes, parce qu’ils refusent d’être autre chose qu’un rendu exquis et essentiel, parce qu’ils sont d’une dignité de pyramide et d’une précision d’atome, enfin parce qu’ils sont réussis jusque dans les recoins de leurs cellules et que Poésie n’accepte pas ce qui est manqué. »

Le corpus bonhomme

Voyez le vent plein d’oiseaux (avec des ailes creuses pour le vent). Voyez le désastre du cœur ! Les projets les besoins abîmés. Voyez le trou muré qui attend sous chaque fenêtre le corps dévoré d’ambition et d’amour ! Où sommes-nous lorsque sonne le commencement rapide des printemps, des liaisons, des combinaisons d’âmes insensées ? « Venez être beaux ! Être riches ! » « Il n’y a pas de quoi rire, idiots ! » Le vrai, c’est le chapeau couvert de bijoux neufs, la main aux grands os certains qui apaisent les silences, cueillent l’instant définitif, impossible à refaire, à manquer, sur le comptoir et sur la peau, et sur la table des vieux convives. Ah les vieilles filles et les nonnes satisfaites d’un péché immortel cloué sur de l’ivoire ! C’est l’ivrogne aussi qui a raison. Et le barbu et le propre à rien, et le petit du lycée. Lisez les contes cachés aux jupettes des bonnes ! Je vous confie l’avenir. Tirez la manette « Vous serez déliés plus tranquillement que des couleurs, aux soirs, aux jours. Votre nom jeté à quarante mille faces, ne produira rien, qu’un mystère erroné. Tout ce que vous chercherez sera venu en courant avec une si petite figure que personne ne l’aura vue, ne pourra dire qu’Elle se souvient (quand vous irez plus tard, racontant, avec des crachotements et des rengaines, comme un pauvre). » Je vous conseille vivement de penser à Dieu. (Pfft’... Et puis ça chiale, ça tombe, ça se déroule et s’embrouille. Ça projette, ça hurlasse, ça stipule et bichonne toute la gamme angélique tout le Corpus Bonhomme, inapte à l’incroyable.)

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