Dans son dernier recueil réapparaît l’incessante traversée « aux marges de la nuit », entre force et fragilité, rire et larmes, désaccord et accordailles. Celle qui se quitte, « sor(t) » d’elle-même chaque matin, n’est peut-être que la « doublure » d’une autre, altière et sereine : entre elles deux, « la page où s’écrit l’impossible ». Le bref accomplissement du poème lui donne place parmi les choses fragiles du quotidien. « Voici le linge repassé, / serré sur son usure et sur sa joie. / Voici le jour plié / sur l’ouest, bord à bord, / lange amarré sur ce qui fut sans égal / ce qui figea nos peurs / Et voici le poème, linge habité de nos vies, passage et permanence / où nos riens s’abandonnent. / Phénix ressuscitant les aubes. »
Monique Petillon, Le Monde







































































































