Enfant du siècle, il semble qu’il soit d’abord l’héritier du vieux Walt Whitman, premier chantre du rêve américain, de la foi dans la démocratie et dans la technologie spectaculaire. Et, comme lui, par compensation, individualiste et ambigu. Incertain de soi, de ses dons, Crane vit mal son état de démiurge, affronté chaque soir au « glas d’un jour épuisé ». Les poèmes de Key West, celui de La Tour brisée, reflètent les éclats d’un combat condamné par l’alcool et une sexualité non acceptée. Crane préfigure le malaise de la seconde moitié du siècle dans ces pages d’une intense, inquiétante beauté. Il disparut d’un navire, dans la nuit du 27 au 28 avril 1932.























































































































































