Arraché à sa terre d’enfance, il partage sa vie entre Paris – il y fonde la fameuse revue Nord-Sud, se lie avec les poètes et les peintres Max Jacob, Juan Gris, Braque, Picasso... – et Solesmes. Farouchement libre, rigoureux, animé d’une passion exigeante, d’une « émotion appelée poésie » qu’il épure comme une lumière autour des objets, des silhouettes, des gestes esquissés, dans le soir ou la mémoire : « car ce que j’aime au fond, c’est ce qui passe / une fois seulement sur ce miroir sans tain »... Poète de la solitude, Reverdy est de ceux que le temps a rapproché de nous. Pour sa sombre ferveur, sa transparence, la pudeur aussi de son émotion : « ô cœur profond / jamais de la douleur prendras-tu l’habitude »...

















































































































































