Boris Lejeune

Boris Lejeune est un artiste singulier. Russe établi en France dans les années 80, il poursuit sa quête d’éternité par les voies de la sculpture et de la poésie. Il se lie, dès son arrivée en France, avec nombre de poètes français (Jean-Marie Le Sidaner, Guillevic, Bernard Noël, Vahé Godel...) avec lesquels il cherche et partage une « vérité » invisible à l’esprit frelaté de l’époque.

Il entreprend avec eux, dialogues et correspondances, qui aboutiront à diverses publications à la Différence  : avec Jean-Marie Le Sidaner, Boris Lejeune – Cinq sculptures boulevard Péreire (1990), Fragments de parole et de pierre (1992), avec Bernard Noël, Genèse de l’arbre (1992), avec Guillevic, Terre Ciel Visages (1995).

Après la mort de Le Sidaner, il fonde et dirige la revue Présages à la mémoire de ce dernier et, tout récemment, inaugure un rapprochement entre des poètes russes et français par l’intermédiaire d’une nouvelle publication bisannuelle, intitulée [Dépôt]. Il a publié deux recueils de poèmes à La Différence : Fontes, 1995 ; Fêter le temps, 1999 ; Visages antérieurs, 2001  ; Dépôt, 2001 ; Préface au regard, 2004.

http://www.boris-lejeune.com/index.html

Alexandre Vvedenski

Saint-Pétersbourg en 1904, mort en 1941, peu après son arrestation par le pouvoir soviétique, Alexandre Vvedenski est un immense poète. Dans ses premiers poèmes, qui datent de ses années de lycée, il subit l’influence de Alexandre Blok. Il s’intéresse ensuite, au début des années vingt, au Futurisme, puis se rapproche, vers 1925-26, de la vieille génération des avant-gardistes de gauche (Malevitch, Tatline, Matiouchine, Filonov et le poète Toufanov). En 1927, il participe à la création du groupe littéraire Oberiou (Union de l’Art réel) qui organise, jusqu’en 1930, toute une série de manifestations au caractère provocateur. Taxés par la presse et le régime de « brigands littéraires »,Vvedenski et ses camarades sont condamnés par L’Union des Écrivains en 1931 pour leur « éloignement de la construction du socialisme ». Arrêté quelques semaines plus tard, Vvedenski est privé, en sortant de prison, du droit de résider à Leningrad. Il passe quelques années dans des villes de province et y revient jusqu’en 1936. C’est là qu’il écrit des poèmes magnifiques comme L’Hôte à cheval, la pièce de théâtre Kouprianov et Natacha, et Invitation à me penser. En 1936, il se sépare de sa seconde femme, se remarie et s’installe à Kharkov. En pleine solitude, il gagne modestement sa vie en écrivant des contes pour enfants et il rédige, surtout la nuit, ses dernières œuvres : Le Suaire, Elégie, Où quand. Considéré par le régime comme personne « douteuse » il est à nouveau arrêté le 27 septembre 41. Il meurt peu de temps après, aux dires de certains témoins, exécuté par ses convoyeurs dans une petite gare de campagne.

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