Mario Luzi est né en 1914 près
de Florence. Il passera une partie de son enfance dans la région
de Sienne, dont le paysage marquera durablement sa sensibilité,
avant de poursuivre ses études à l’Université
de Florence.
Dans le lourd climat du fascisme, la ville,
alors capitale intellectuelle de l’Italie, voit naître
d’importantes revues comme « Solaria » , « Frontespizio »
ou « Letteratura » ...
Luzi noue de nombreuses amitiés, notamment avec Eugenio
Montale, Romano Bilenchi, Piero Bigongiari et Carlo Betocchi.
En 1935 est publié la Barque, son premier recueil. L’année suivante, il soutient une thèse consacrée
à Mauriac, qui sera la base de l’Opium chrétien
(1938). Son recueil Avènement nocturne est considéré en 1940 comme un véritable manifeste
de l’hermétisme florentin. Il s’installe définitivement
à Florence en 1945. Tandis que paraissent les principaux
recueils de sa première maturité poétique,
il enseigne au « liceo scientifico » et
collabore à de nombreuses revues, en particulier « La
Chimera », qu’il fonde en 1953 aux côtés
de Carlo Betocchi. Cette publication engage une polémique
marquante avec « Officina », la revue de
Pasolini, Fortini et Leonetti, sur le thème de la crise
du néo-réalisme (les textes de Luzi inscrits dans
ce débat seront regroupés dix ans plus tard sous
le titre Tout en question).
La mort de sa mère, survenue en 1959,
jouera un rôle de premier plan dans la genèse de
son recueil Du fond des campagnes. Les années 60 verront à la fois la publication de son livre charnière
Dans le magma, qui obtiendra le prestigieux prix de poésie
Etna-Taormina, et le début de sa collaboration à
l’Université libre d’Urbino, présidée par
Carlo Bo, qui fut le principal théoricien de l’hermétisme.
La poésie de Luzi acquiert une renommée internationale
: elle est traduite en France, aux États-Unis... Il accomplit
plusieurs voyages à l’étranger, notamment en Inde,
où il approfondit sa connaissance de l’œuvre d’Aurobindo.
Au début des années 70, il aborde le théàtre
avec Ipazia, drame poétique aussitôt comparé à Meurtre dans la cathédrale de T. S. Eliot,
et réunit sous le titre Vicissitude et forme ses principaux textes de réflexion sur la création
poétique. Au feu de la controverse lui vaut en
1978 le Prix Viareggio. D’un voyage en Chine, en compagnie du
poète Vittorio Sereni, il rapporte la section « Reportage »
de son futur recueil Pour le baptême de nos fragments (Prix
Librex-Montale 1986). En 1988, Garzanti réunit en un seul
volume (Tune le poesie) l’intégrale de son œuvre poétique. Son dernier recueil, Phrases et incises d’un
chant salutaire, paraît en 1990.
La Différence a publié : La Barque suivi de Avènement nocturne (1991) ;
Prémices du désert (1994).